Après La Machine de Turing, spectacle aux quatre Molières, le nouveau spectacle de Benoit Solès.
22 minutes, la durée de l’entretien historique entre le pape Jean-Paul II et Ali Ağca, le jeune Turc qui tenta de l’assassiner le 13 mai 1981, place Saint-Pierre, à Rome.
22 minutes, un seul en scène intense dans lequel Ali prend la parole. Non pour se justifier, mais pour remonter le fil d’un parcours qui mène un enfant humilié à la violence politique.
22 minutes, une histoire fascinante où se confrontent violence et pardon, foi et doute.
22 minutes, un récit sur la radicalisation et la possibilité, fragile, d’une rédemption.
Que peuvent changer 22 minutes dans le cours d’une vie ?
Notre avis (représentation du 20 mai 2026) : C'est dans le cadre du festival parisien du seul.e en scène que Benoit Solès a choisi de présenter sa nouvelle création : 22 minutes. Une palpitante aventure théâtrale se profile après le triomphe planétaire de sa Machine de Turing, créée en 2018 et qui n'a depuis lors jamais quittée l'affiche.
De quoi s'agit-il exactement ? Au-delà d'un fait divers tragique, l'auteur nous invite à explorer ce qui, en chacun de nous, peut basculer.
Le 13 mai 1981, le jeune Mehmet Ali Ağca tire sur le pape Jean-Paul II place Saint-Pierre à Rome. Il n'en est pas à son premier forfait. Radicalisé depuis longtemps, il a déjà prouvé de quoi il était capable dans l'accomplissement d'actes de violence.
Benoit Solès prête sa voix à ce meurtrier et retrace son parcours, depuis son enfance jusqu'au jour de la visite du Saint-Père dans sa prison. Un échange imaginé entre les deux hommes se construit alors, face-à-face historique dont finalement personne n'aura jamais su le réel contenu. On comprend néanmoins que le pardon accordé sera au centre de l'entretien qui aura duré... 22 minutes. Les trente années de détention auront vraisemblablement changé l'homme, qui retrouvera sa liberté à plus de cinquante ans.
Le comédien, complètement habité par son personnage, nous électrise une fois encore. Sa froideur et son regard d'acier lui confèrent une totale légitimité. Accrochés à ses lèvres, nous vivons avec lui ce moment unique qui aura marqué le pontificat de ce pape emblématique du XXe siècle.
Sobrement mis en scène et astucieusement éclairé, le spectacle prendra le chemin du festival Off d'Avignon dès juillet prochain.


























