Les Producteurs

1
4448

Théâtre de Paris - 15, rue Blanche - 75009 Paris.
À partir du 2 décembre 2021. Prolongations puis reprise du 15 septembre 2022 au 8 janvier 2023.
Renseignements et réservations sur le site du spectacle.

Le show musi­cal de Broad­way le plus primé de tous les temps arrive enfin en France, dirigé par le met­teur en scène le plus récom­pen­sé ces dernières années (Edmond, Le Cer­cle des illu­sion­nistes, Le Por­teur d’histoire), Alex­is Micha­lik. Ce spec­ta­cle don­né à Broad­way à par­tir de 2001 est resté à l’affiche plus de six ans avec un suc­cès pub­lic et cri­tique reten­tis­sant. Une occa­sion excep­tion­nelle pour le pub­lic français de retrou­ver l’humour caus­tique, irrévéren­cieux et déjan­té du réal­isa­teur améri­cain Mel Brooks et de son film, Les Pro­duc­teurs (1967).

L’ar­gu­ment : un pro­duc­teur proche de la ruine imag­ine une arnaque à l’as­sur­ance en mon­tant la pire comédie musi­cale, sur un scé­nario indi­gent, dirigée par le pire met­teur en scène, avec une dis­tri­b­u­tion improb­a­ble… Rien ne se passera comme prévu.

Récom­pen­sé en 2022 par le Molière du spec­ta­cle musi­cal et par le Molière de la révéla­tion mas­cu­line pour Benoit Cauden.

Notre avis : La sim­ple men­tion d’Alexis Micha­lik déclenche désor­mais nom­bre de super­lat­ifs. Il faut dire que le par­cours de ce jeune dra­maturge, écrivain, cinéaste et met­teur en scène a de quoi don­ner le tour­nis… Habitué au suc­cès, gageons que sa nou­velle mise en scène pos­sède tous les atouts pour suiv­re cette même tra­jec­toire. Adap­tée avec soin par Nico­las Engel, la comédie musi­cale de Mel Brooks, cou­verte de Tony Awards, tout en con­ser­vant son intrigue orig­inelle et des élé­ments de mise en scène incon­tourn­ables (con­cer­nant les décors, par exem­ple), entre par­faite­ment dans l’univers du met­teur en scène, qui n’a jamais caché son appétit pour offrir ce musi­cal au pub­lic français. Nous retrou­vons les principes qui ont fait son suc­cès : une flu­id­ité dans les change­ments de décor à vue, un rythme soutenu, une dis­tri­b­u­tion sans tête d’affiche (mais avec une fidél­ité réelle pour ses acteurs, ain­si Régis Val­lée qui fig­u­rait déjà dans le désopi­lant La Mégère à peu près apprivoisée, spec­ta­cle qui nous avait per­mis de décou­vrir le bouil­lon­nant auteur et met­teur en scène et, dans ce cas spé­ci­fique, acteur).

La farce de Mel Brooks, truf­fée d’un humour juif new-yorkais, passe sans souci l’Atlantique. Les références ont, pour la plu­part, été adap­tées et l’on s’amusera des clins d’œil aux divers­es comédies musi­cales citées çà et là. L’histoire de ce pro­duc­teur véreux et ringard (il suf­fit de lire les titres de ses spec­ta­cles qui décorent les murs de son bureau pour s’en con­va­in­cre !) va donc entraîn­er cet hys­térique de com­péti­tion qu’est Léo Blum dans son aven­ture rocam­bo­lesque, soit mon­ter le pire spec­ta­cle de tous les temps afin de fer­mer le soir de la pre­mière et empocher une coquette somme d’argent. Le tout selon un raison­nement bien trou­ble, mais qui ne pose pas de soucis aux pro­tag­o­nistes. Il faut dire qu’ici on tire à boulets rouges sur à peu près tout… Cette pochade « hénau­rme » sied bien à Alex­is Micha­lik qui sem­ble avoir pris grand plaisir à diriger son petit monde. L’équipe ne démérite jamais durant la représen­ta­tion et le pub­lic ne s’y trompe pas, ova­tion­nant les actri­ces et acteurs en con­séquence. Tous sont épatants. Les musi­ciens, dirigés par Thier­ry Boulanger, par­ticipent large­ment de la réus­site du spec­ta­cle, car même en nom­bre réduit, ils parvi­en­nent à don­ner un réel lus­tre aux mélodies, elles aus­si en référence à des stéréo­types des musi­cals. Notons que, à l’heure où les pop­ulismes et où les extrêmes droites sem­blent s’imposer dans le débat social et élec­toral, se moquer de Hitler et du nazisme prend une autre tonal­ité… Rai­son de plus pour dénon­cer ces extrémismes et prof­iter du rire pour, peut-être, accéder à une prise de conscience.

- Publicité -

1 COMMENTAIRE

  1. Excel­lent spec­ta­cle, très drôle, à voir absol­u­ment avant le prochain con­fine­ment qui nous pend au nez. Toute­fois, trois choses à regret­ter : l’ab­sence de pro­gramme (ou de mer­chan­dis­ing), l’ab­sence d’en­tracte (donc, il fau­dra y aller avant d’y aller), et l’ab­sence de la chan­son « Betrayed » qui était l’un des moments forts de la pièce orig­i­nale et du film. Mais à part ça, j’ai passé un excel­lent après-midi au Théâtre de Paris. Des pièces comme ça, on en redemande !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici