À l’ombre d’Oz

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Théo Théâtre – 20, rue Théodore-Deck, 75015 Paris.
Du 21 janvier au 29 avril 2022.
Renseignements et réservations sur le site du théâtre.
Théâtre de l'Observance, Avignon. Du 7 au 30 juillet 2022.

Un spec­ta­cle musi­cal inédit, sur les traces de Judy Gar­land et les mys­tères entourant le tour­nage du Magi­cien d’Oz.

Lon­dres. 1969. Épuisée et à bout de nerfs, Judy Gar­land s’apprête à don­ner une ultime série de con­certs dans la cap­i­tale bri­tan­nique. Ruinée, la star n’est plus la légende d’autrefois. Pour­tant, les pre­mières notes d’une mélodie lanci­nante réson­nent encore dans sa tête, celles de « Over the Rain­bow »… Invitée à revenir là où tout a com­mencé, Judy remonte le temps pour revenir sur le célèbre et trag­ique tour­nage du Magi­cien d’Oz. Abusée par le miroir aux alou­ettes d’une célébrité trop facile, Judy vivra une expéri­ence aus­si trau­ma­ti­sante que cru­ciale pour sa car­rière naissante…

De son Min­neso­ta natal en pas­sant par les célèbres plateaux de la MGM, redé­cou­vrez le par­cours hors norme de la « Petite Fiancée de l’Amérique », entre rêves et désil­lu­sions, célébrité et déchéance. Un spec­ta­cle musi­cal entre poésie, magie et amère réalité.

Notre avis : Judy Gar­land fig­ure par­mi les artistes dont le tal­ent est aus­si grand que la vie fut trag­ique. Il n’est pas sur­prenant que ces des­tins dra­ma­tiques con­stituent un matériel en or pour le ciné­ma et le théâtre. Après un biopic de l’artiste inter­prétée par Renée Zell­weger en 2019 (oscarisée pour l’occasion), la com­pag­nie Les Joyeux de La Couronne adapte à son tour, mais cette fois sur scène, le par­cours de la star en jonglant entre ses derniers con­certs à Lon­dres et le tour­nage du Magi­cien d’Oz, œuvre fon­da­trice de sa car­rière mais aus­si de la mis­ère qui ne la quit­tera plus.

Boulever­sante, cette créa­tion est une très belle surprise.

L’élégance du texte écrit par Olivi­er Schmidt fait hon­neur à son sujet tant les dia­logues sont joli­ment ciselés. La mise en scène s’est bril­lam­ment adap­tée au tout petit écrin qu’est le Théo Théâtre en garan­tis­sant une par­faite flu­id­ité entre les scènes sans jamais don­ner l’impression que la com­pag­nie y est à l’étroit.

On con­state avec plaisir tout au long de la pièce qu’un soin tout par­ti­c­uli­er a été apporté aux cos­tumes. Ceci est d’autant plus appré­cia­ble que chaque comé­di­en, mis à part le rôle prin­ci­pal, inter­prète une galerie de per­son­nages, dès lors aisé­ment individualisés.

La per­for­mance des comédien.nes est à soulign­er tant l’incarnation de mul­ti­ples per­son­nal­ités demande une cer­taine rigueur de jeu. Si quelques per­son­nages sont plus maîtrisés que d’autres, la richesse de la propo­si­tion nous fait par­don­ner les ponctuelles fauss­es notes. On se délecte notam­ment de l’interprétation glaçante du patron de la MGM par Kevin Maille. Quant à Séver­ine Wolff, elle incar­ne Judy avec pas­sion et pré­ci­sion, alter­nant déli­cate­ment entre l’enfant naïve et l’artiste désabusée.

D’un point de vue musi­cal, la pièce pioche par­mi les stan­dards de l’époque joués sur bande. Les numéros chan­tés sont, à vrai dire, rel­a­tive­ment anec­do­tiques en ce qu’ils ne font pas spé­ciale­ment avancer l’histoire. S’ils n’étaient pas néces­saires en défini­tive, ils ne sont pas pour autant désagréables et on ne man­quera pas d’apprécier la voix chaude de Maeve Jourand.

Il ne reste plus que deux ven­dredis pour applaudir Les Joyeux de la Couronne à Paris avant qu’ils n’empruntent la yel­low brick road des artistes en direc­tion d’Avignon. On ne saurait que vous con­seiller de (re)découvrir ce qui se cache der­rière l’arc-en-ciel !

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