Lawrence d’Arabie

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1804

Au Théâtre du 13e art, place d'Italie, 75013 Paris
Du 13 janvier au 27 février 2022, puis en tournée en France.
Réservations et renseignements sur :  https://le13emeart.com/les-evenements/lawrence-darabie/

Libre­ment inspiré de la vie de T.E. Lawrence.
1916, dans le désert d’Arabie en pleine Pre­mière Guerre mon­di­ale, T. E. Lawrence, jeune et bril­lant archéologue anglais, se révèle être un pré­cieux atout pour l’armée bri­tan­nique qui l’enrôle au sein des ser­vices du ren­seigne­ment. Rapi­de­ment pro­mu cap­i­taine, il devient un héros dans son pays. Lawrence adopte le mode de vie local, s’habille comme les mem­bres des tribus du désert et gagne la con­fi­ance des Arabes qui le con­sid­èrent comme un des leurs.
Mais jusqu’où pour­ra aller la loy­auté de Lawrence à l’égard de ses frères d’armes sans devoir renier sa patrie ?

Notre avis :
Trois can­tines en fer, un vio­lon, et une voix de l’au-delà, au ser­vice d’un des­tin hors du commun…
Ain­si pour­rait-on résumer Lawrence d’Arabie, le nou­veau et for­mi­da­ble spec­ta­cle d’Éric Bou­vron, actuelle­ment au Théâtre 13e Art. Une mer­veilleuse leçon d’his­toire et de géo­gra­phie. Un dou­ble voy­age : au cœur du désert et au plus pro­fond de l’être humain, de ses tra­vers et de ses complexités.
Dans une créa­tion prin­ci­pale­ment théâ­trale, Éric Bou­vron revient sur le célèbre par­cours de cet étu­di­ant d’Ox­ford, devenu offici­er des ren­seigne­ments bri­tan­niques au début du 20e siè­cle. De son départ de Lon­dres à la chaleur du désert, de son engage­ment pour les tribus arabes à sa décep­tion face à l’accord prévoy­ant un découpage pur et sim­ple des ter­ri­toires, sa pièce déroule l’his­toire mythique de cet homme. Une his­toire d’in­térêts, de parole don­née, de rai­son d’État. Une his­toire d’hon­neur. Car Lawrence est pris entre deux camps, deux peu­ples, deux loyautés.

Épurée et pas­sion­nante, la créa­tion d’Éric Bou­vron est une réus­site artis­tique, de finesse et de force.
Dans une mise en scène min­i­mal­iste, huit comé­di­ens et trois musi­ciens attrapent le pub­lic et l’emmènent au cœur de l’Orient. Se changeant à vue, ils don­nent vie à des dizaines de per­son­nages. Tour à tour sol­dats, chefs arabes, officiers anglais, par­ents du héros, ils jouent, dansent et mur­murent. C’est Le Caire, c’est Lon­dres, c’est le traité de Ver­sailles. Au fil de tableaux et de flash­backs, la réal­ité – com­plexe – se fait accessible.
La scéno­gra­phie inven­tive est remar­quable. Les lumières, les voix et les gestes suff­isent pour que, sous nos yeux, naisse un train, souf­fle le vent du désert, résonne l’écho d’un puits. Un tapis, un keffieh et, sous la lumière, appa­rais­sent Hus­sein, roi du Hed­jaz, ou Fayçal, le com­bat­tant. Une sim­ple carte et c’est le QG bri­tan­nique. Un ralen­ti, l’explosion du chemin de fer. Les lumières sub­li­ment l’ensemble, mul­ti­plient les atmo­sphères, invi­tent à l’évasion et l’imagination fait le reste.

S’il est dra­ma­tique, ce des­tin de tout un peu­ple n’en est pas moins parsemé d’humour et de comédie, grâce notam­ment à Dahoom (Sli­mane Kacioui), un ami de Lawrence, inven­té de toutes pièces. Son jeu amène la légèreté indis­pens­able à un héros (Kevin Gar­nichat) impliqué (à l’excès ?) dans ce com­bat. Si, avec finesse et tal­ent, Kevin Gar­nichat est un Lawrence engagé et tour­men­té, son com­pagnon est un mer­veilleux grand enfant.
À la troupe s’ajoutent deux musi­ciens, qui, avec accordéon, vio­lon ou saz, se mêlent par­fois aux scènes. Mais c’est surtout la superbe voix de Cécil­ia Meltzer qui achève d’envelopper l’ensemble et de plonger la salle dans une ambiance loin­taine. Avec des airs d’inspiration ori­en­tale, elle est un per­son­nage à part entière, accom­pa­g­nant les espoirs, appelant à la révolte, cares­sant le sable du désert ou éle­vant les cœurs et les âmes.

Mal­gré quelques longueurs (le spec­ta­cle dure près de deux heures sans entracte), Éric Bou­vron offre, avec son Lawrence d’Arabie, un cap­ti­vant voy­age. Une épopée aux côtés d’une légende, dont les empreintes de pas dans le désert ne sont tou­jours pas effacées…

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