Les Demoiselles

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1868

Théâtre de la Boussole – 29 rue de Dunkerque, 75010 Paris.
Du 10 juillet au 4 septembre 2022. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 18h.
Renseignements et réservations au 01 85 08 09 50 (du lundi au dimanche de 10h à 18h, horaires variables pendant l'été) et sur le site du théâtre.

Une pièce musi­cale glam­our et fémi­nine dans la France corsetée d’après-guerre.

Paris 1952. Dans une ville qui renaît de ses cen­dres, les des­tins et les secrets de cinq femmes vont se crois­er au bureau de poste de la rue Drouot. Trois jeunes demoi­selles drôles et ambitieuses s’entraident face à leur chef de ser­vice pète-sec et à la cru­elle femme du patron.
Ensem­ble, elles vont con­naître les pre­miers frémisse­ments de l’émancipation féminine.

Cet été, répon­dez à l’appel des Demoiselles !

Notre avis : Ces « Dames de la poste », encore demoi­selles, sont loin d’avoir la froideur de celles chan­tées par Bar­bara dans cette air du réper­toire français… En effet, si la cheffe de ser­vice peut appa­raître un rien rugueuse, elle cache, comme ses col­lègues, un secret. Le spec­ta­cle est con­stru­it autour du per­son­nage de Jo, qui se tar­gue d’être la nar­ra­trice et la seule à pou­voir s’adresser au pub­lic, ce qu’elle ne man­quera pas de faire.

Nous décou­vrons ce petit monde bien organ­isé où, en 1952, les liaisons télé­phoniques doivent tran­siter par ces demoi­selles qui met­tent en rela­tion l’ap­pelant et l’ap­pelé. Nous auri­ons pu penser que la trame se serait appuyée sur divers échanges télé­phoniques : pas du tout. L’intrigue nous fait décou­vrir le trio féminin, bien vite rejoint par la jalouse femme du patron qui n’a pas son pareil pour ren­voy­er illi­co celle des employées qu’elle soupçonne de séduire son mari améri­cain. Les blessures affleurent chez cha­cune de ces femmes et, sans se dépar­tir d’une énergie comique, les thèmes abor­dés sont bien plus poin­tus et graves qu’il n’y paraît. Les trau­ma­tismes de la guerre sont loin d’être effacés et la lib­erté retrou­vée reste, dans cer­taines con­di­tions, toute relative…

Quel plaisir égale­ment de décou­vrir une comédie musi­cale orig­i­nale, ponc­tuée par des chan­sons choré­graphiées, au dia­pa­son avec la tonal­ité douce-amère du spec­ta­cle. Si quelques anachro­nismes faciles pour­raient être gom­més, tant on est tout de suite pris par l’histoire – ces digres­sions parais­sent claire­ment sur­numéraires –, les textes, livrets et paroles n’en restent pas moins sub­tils et touchants. Et le quin­tette des pro­tag­o­nistes est inté­grale­ment à saluer : les comé­di­ennes Madi­son Golaz, Eva Gen­tili, Can­dice Chevil­lard, Hélène Buan­nic – égale­ment auteure du livret – et Mar­i­on Cador, toutes emper­ruquées, for­ment un ensem­ble féminin par­ti­c­ulière­ment con­va­in­cant. Les grains de voix, pour le moins var­iés, réson­nent déli­cieuse­ment. Stan Cramer, au piano, accom­pa­gne avec entrain ce gynécée. Autant dire que cette comédie musi­cale fémi­nine élé­gante est à découvrir.

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