Oh My God (Critique)

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Texte orig­i­nal par Robert Askins
Adap­ta­tion : Sacha Dani­no et Sébastien Azzopardi
Mise en scène : Sébastien Azzopardi
Assis­tance à la mise en scène : Emmanuelle Tachoires
Décor : Juli­ette Azzopardi
Cos­tumes :  Pauline Yaoua-Zurini
Lumières :  Philippe Lacombe
Créa­tion des mar­i­on­nettes : Marte Ekhougen, Pauline Gallot
Mar­i­on­net­tiste : Sami Adjali

Dis­tri­b­u­tion : Tad­ri­na Hock­ing, Alexan­dre Jérôme, Patrice Latronche, Thomas Ronzeau, Marie-Camille Soyer

Résumé : Une petite paroisse bien sage, dans une petite ville de Vendée bien tran­quille. Cha­cun a ses secrets. Des secrets inavouables. Et Ray­mond va tous les révéler. Il va fal­loir l’ar­rêter. L’ar­rêter à tout prix ! Seule­ment voilà : Ray­mond est une mar­i­on­nette gref­fée sur le bras d’un ado mal dans sa peau. Et Ray­mond pré­tend être… le Dia­ble ! Le pas­sage de l’ado­les­cence à l’âge adulte est un thème rarement traité au théâtre. C’est l’in­stant où tout est pas­sion­nel, où l’Autre est un pays incon­nu, où l’on se rend compte que l’in­ter­dit ne demande qu’à être bravé.

Notre avis : Oh My God ! est l’adap­ta­tion d’une pièce née off-Broad­way en 2011, et trans­férée à Broad­way en 2015. Elle reçut cinq nom­i­na­tions aux Tony Awards, notam­ment pour meilleure pièce de théâtre. En effet, Oh My God ! n’est pas du théâtre musi­cal, même si les artistes présents sur scène sont des habitués du genre. Thomas Ronzeau en est un bon exem­ple (Spa­malot, La petite fille aux allumettes, La Légende du Roi Arthur…) et nous livre une presta­tion excep­tion­nelle. L’ac­teur inter­prète ici un ado­les­cent « pos­sédé » par sa mar­i­on­nette et sa per­for­mance est digne d’un marathonien. Le réal­isme de sa créa­ture et la crédi­bil­ité physique du duo por­tent l’in­té­gral­ité du spec­ta­cle, au point qu’on les con­sid­ère rapi­de­ment comme deux per­son­nages à part entière.

Thomas Ronzeau © DR

Le spec­ta­cle s’ou­vre sur une chan­son de bien­v­enue gaiement inter­prétée par la paroisse d’une petite ville vendéenne, cadre de l’his­toire. La gérante de l’aumôner­ie y pré­pare un spec­ta­cle de mar­i­on­nettes avec ses jeunes, pas très motivés par le pro­jet. On retrou­ve des clichés clas­siques mais plutôt effi­caces : la racaille, la coincée, la catho, le prêtre un peu niais et l’a­do paumé. Celui-ci ver­ra sa mar­i­on­nette, Ray­mondcom­mencer à faire des siennes et se trans­former en une fig­ure dia­bolique ren­dant insup­port­able la vie de ce per­son­nages. Un con­cept orig­i­nal, plan­té dans un décor de pre­mière qual­ité jusque dans les moin­dres détails. Le spec­ta­cle est énergique, physique et ne laisse pas beau­coup de répit au spec­ta­teur qui se laisse volon­tiers emporter dans cette folie général­isée. La mar­i­on­nette, star du spec­ta­cle, est ani­mée à la per­fec­tion et amuse, bien qu’elle ne sur­prenne rapi­de­ment plus en s’en­fer­mant dans une agres­siv­ité répéti­tive. La deux­ième moitié du spec­ta­cle se résume essen­tielle­ment à ce com­bat acharné et itératif entre la mar­i­on­nette et le garçon. Même si les comé­di­ens, tous excel­lents, ne bais­sent pas en régime et tien­nent le spec­ta­cle, l’en­jeu s’essouffle. Une pièce à voir pour la démon­stra­tion d’ac­teur mul­ti-dis­ci­plinaire de Thomas Ronzeau.

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