Paganini

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Théâtre de l'Odéon – 162, La Canebière - 13001 Marseille.
Samedi 24 et dimanche 25 février 2024 à 14h30.
Pour plus d'informations, cliquez ici.

Le Théâtre de l’Odéon, sous l’égide de l’Opéra de Mar­seille, con­stitue le dernier lieu en France où une véri­ta­ble sai­son d’opérette est proposée.
Pas moins de sept titres se trou­vent à l’af­fiche en 2023/2024, par­mi lesquels des œuvres phares d’Of­fen­bach (La Grande-Duchesse de Gérol­stein), de Lopez (Qua­tre jours à Paris, Méditer­ranée), d’Y­vain (Chan­son gitane), de Scot­to (Un de la Canebière), sans oubli­er le spec­ta­cle d’ou­ver­ture, La Cage aux folles, comédie musi­cale de Jer­ry Her­man qui fit un véri­ta­ble tabac !
L’opérette représente un genre plus que respectable, qui mal­heureuse­ment dis­paraît au fil des saisons lyriques des théâtres, con­stat assez navrant !
Pagani­ni de Franz Lehár se trou­ve égale­ment à l’af­fiche, opérette peu représen­tée dans l’Hexa­gone depuis plusieurs années.
L’in­trigue s’avère anec­do­tique, mais peut être véridique.
Nous assis­tons aux amours con­trar­iées de la princesse Bac­chioc­chi (sœur de Napoléon Ier) avec le musi­cien Nic­colò Paganini.
Comme sou­vent dans les opérettes, des événe­ments malen­con­treux vien­dront con­trari­er le des­tin des amoureux. Mais point de hap­py end ici : nous sommes plus proches de l’opéra, avec cette œuvre qui se veut som­bre. Nous sommes, pour rester dans le réper­toire de Lehár, par ses accents dra­ma­tiques plus près du Pays du sourire que de La Veuve joyeuse.
Au demeu­rant, n’é­tait-il pas ami et grand admi­ra­teur de Puccini?

Notre avis : La mise en scène de Car­ole Clin, débar­rassée d’im­prob­a­bles décors suran­nés, mais rehaussée de belles lumières et de cha­toy­ants cos­tumes, met en valeur chaque per­son­nage de l’in­trigue. La déli­cieuse Per­rine Madoeuf, vir­tu­ose sopra­no, nous séduit tant par son tim­bre – à la couleur som­bre – que par son jeu et sa gestuelle qua­si­ment impéri­ale. Elle incar­ne l’in­ter­prète idéale pour tout le réper­toire vien­nois ; nous l’avions à cet égard déjà fort appré­ciée dans Princesse Czardas et dans La Veuve joyeuse.

Pagani­ni, joué et chan­té par le ténor Samy Camps, rem­plit hon­nête­ment son con­trat. Nous salu­ons – une fois de plus – Julie Mor­gane qui davan­tage qu’une irré­sistible fan­tai­siste se révèle , dans le rôle de Bel­la, une chanteuse juste ayant dans cet ouvrage de très jolis airs à défendre. Fab­rice Todaro l’é­paule avec autant de per­ti­nence que d’hu­mour, empor­tant comme tou­jours son fidèle pub­lic, con­quis d’a­vance. Un plateau de tal­ents con­fir­més com­plète la dis­tri­b­u­tion choisie avec soin, par­mi lesquels Jean-Claude Calon et Cécile Galois pour ne citer qu’eux. L’œu­vre présente la sin­gu­lar­ité d’of­frir de mélodieux solos de vio­lons, qui enrichissent le spec­ta­cle. Orchestre, chœur et bal­let sont à l’u­nis­son pour nous offrir un bel après-midi d’é­va­sion, tou­jours bien agréable à saisir.

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