Al Capone

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Théâtre des Folies Bergère – 32, rue Richer, 75009 Paris.
Du 28 janvier au 12 mai 2023, pour 90 représentations.
ATTENTION : Le 22 mars 2023, la page Facebook du spectacle annonce l'arrêt prématuré des représentations.
Renseignements et réservations sur le site des Folies Bergère et sur la page Facebook du spectacle.

Chica­go, 1930 : défi­ant toutes les lois, Al Capone et Eliot Ness se livrent un com­bat sans mer­ci jusqu’à que ce que l’imprévu surgisse…les con­traig­nant à choisir entre amour et con­fronta­tion. Libre­ment inspirée de la vie d’Al Capone, cette comédie musi­cale nous plonge au cœur de rival­ités et de pas­sions dans l’Amérique de la pro­hi­bi­tion. Des rythmes endi­a­blés du charleston à l’énergie du pop rock en pas­sant par la puis­sance de l’opéra, Al Capone est un show musi­cal qui bous­cule les gen­res : choré­gra­phies et musi­ciens en live entourent Rober­to Alagna, Anggun et Bruno Pelletier.

Notre avis : À bien des égards, les ingré­di­ents pour pass­er une soirée diver­tis­sante ont été réu­nis. Dans le hall des Folies Bergère, nous pénétrons dans l’am­biance du Chica­go de 1930 et dès l’ou­ver­ture du rideau, les cos­tumes étince­lants attirent l’œil et provo­quent des mur­mures de sat­is­fac­tion et des sourires sur les lèvres du pub­lic. Tout au long du spec­ta­cle, les décors se suc­céderont rapi­de­ment, faisant pass­er d’un lieu à un autre en un bat­te­ment de cils, et les artistes prin­ci­paux, qui ne sont plus à présen­ter tant leur car­rière et leur notoriété sont con­nues de tous, s’in­ve­stiront pleine­ment pour nous séduire.

Seule­ment voilà… même avec de la bonne volon­té, il nous est impos­si­ble de ne pas relever les prob­lèmes tech­niques de son (bal­ances), ni déplor­er une écri­t­ure som­maire qui a abouti à un réc­it creux et à l’eau de rose, décon­nec­té des enjeux réels de l’époque et dans lequel l’ab­sence de charisme des per­son­nages, pour­tant emblé­ma­tiques, est cri­ante. Il ne faut pas plus de quinze min­utes pour que le flou artis­tique que pro­pose la com­po­si­tion des chan­sons – aux paroles d’un autre âge et peu imag­i­na­tives – per­turbe notre adhé­sion à l’œuvre. Dans un style « qui bous­cule les gen­res », la musique, qui se veut pop rock tout en louchant vers le charleston, ne se retrou­ve finale­ment ni dans l’un ni dans l’autre, s’avérant man­quer cru­elle­ment de cohérence et d’ho­mogénéité. Dom­mage quand on voit que le spec­ta­cle est presque entière­ment chan­té et con­tient peu de dialogues.

Les numéros, bien que trop nom­breux et man­quant de per­ti­nence dans cette his­toire de « Roméo et Juli­ette au temps de la pro­hi­bi­tion », s’en­chaî­nent sans finesse en offrant toute­fois quelques beaux tableaux choré­graphiques et moments de poésie. Un trio féminin – sem­blable à des mus­es – se dis­tingue par la touche de fraîcheur que les jeunes artistes appor­tent, et la qual­ité de leur presta­tion. Ain­si le mariage des voix d’Anggun et de Rober­to Alagna, chaleureuses et veloutées, con­va­inc. Le ténor livre par ailleurs avec Bruno Pel­leti­er de grandes démon­stra­tions vocales, très atten­dues et plutôt charmeuses, mais qui mérit­eraient sans nul doute d’être plus nuancées au bout de deux heures de show. En tout cas, elles ravis­sent vis­i­ble­ment les oreilles de nom­breux spec­ta­teurs, qui se lèveront, ent­hou­si­as­més, au moment des saluts.

Il est cer­tain que les artistes font de leur mieux pour insuf­fler de l’én­ergie au spec­ta­cle mais, à trop vouloir en met­tre plein la vue, ses créa­teurs, en oubliant de soign­er son livret, sa musique et ses paroles, ne nous ont pas convaincus.

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