Diana

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Longacre Theatre – New York.
À partir du 17 novembre 2021.
Renseignements sur le site officiel de Diana: the Musical.

Notre avis : Après Six, la comédie musi­cale pop rock qui pre­nait pour sujet les mésaven­tures des six femmes d’Henry VIII aux mains de leur époux sans scrupules, la sec­onde œuvre orig­i­nale à faire ses débuts à Broad­way dans le cadre de la sai­son 2021–2022, Diana, vient de lever le rideau et nous ramène au cœur de la famille royale d’Angleterre dans les temps mod­ernes. La pièce avait été annon­cée l’année dernière mais, comme tous les théâtres de Broad­way avaient été oblig­és de fermer en rai­son de l’épidémie de Covid-19, elle n’avait pu être présen­tée sur scène – sinon pour une cap­ta­tion des­tinée à Net­flix. Il sem­blerait que cette longue pause n’a rien fait pour l’améliorer, si tant est que ses créa­teurs auraient songé à la peaufiner.

Diana, c’est bien sûr la princesse de Galles, épouse du prince Charles, dont la trag­ique exis­tence a déjà fait l’objet de plusieurs pièces et films, dont le film Spencer, sor­ti il y a seule­ment quelques semaines. Joe DiP­i­etro et David Bryan, bien con­nus pour leur pre­mier effort présen­té à Broad­way en 2010, Mem­phis, se sont donc emparés de cette his­toire pour en faire une œuvre musi­cale. DiP­i­etro, auteur du livret, a créé des vignettes autour des événe­ments les plus mar­quants de la vie de Diana Frances Fos­ter, née en 1961 au sein d’une famille noble bri­tan­nique, sa ren­con­tre avec Charles, héri­ti­er au trône, leur mariage malen­con­treux en 1981 (le prince, qui n’avait rien de char­mant, s’étant empressé de pour­suiv­re ses amours extra-mar­i­tales, notam­ment avec une com­pagne de longue date, Camil­la Park­er Bowles), la nais­sance de leurs enfants, William et Har­ry, et leur divorce en 1996 quand il s’est avéré que leurs dif­férences étaient irréconciliables. 

Ces vignettes, comme les pièces d’un puz­zle assem­blées pour créer une image cohérente, sont une inter­pré­ta­tion par DiP­i­etro qui cadre ou non avec la réal­ité des faits, les embel­lit et essaie de leur don­ner un sens, mais la nar­ra­tion manque d’intérêt et de cohé­sion. D’autres se sont attachés au même sujet sans grand suc­cès d’ailleurs. Les chan­sons, la plu­part écrites sur seule­ment quelques notes et sans grand attrait mélodique, avec des rythmes rapi­des accen­tués par des effets de per­cus­sion, vien­nent se gref­fer sur ce réc­it de façon bizarre, mais n’accrochent pas l’or­eille. Les paroles, sou­vent des répliques par­lées et répéti­tives entre les principaux person­nages, restent du même niveau que la musique et sont rel­a­tive­ment peu mémorables

La dis­tri­b­u­tion n’agrémente pas le déroule­ment de l’action. Si Jean­na de Waal, sous les traits de Diana, est radieuse et dis­pose d’une voix qui porte et pour­rait enchanter dans d’autres cir­con­stances, Roe Hartrampf, qui fait ses débuts à Broad­way, est plutôt figé dans le rôle de Charles, et Erin Davie donne à Camil­la une allure un peu trop famil­ière en com­para­i­son de sa rivale qui cadre mal avec l’impression qu’on a du sujet en ques­tion. Même Judy Kaye, actrice recon­nue et acclamée sur les scènes de Broad­way pour ses fréquentes presta­tions, donne de la reine Eliz­a­beth une inter­pré­ta­tion qui n’a rien de roy­al. Il est vrai que le texte qu’elle doit dire ne lui donne peut-être pas la chance de se man­i­fester autrement.

De plus, ni la mise en scène balourde de Christo­pher Ash­ley ni la choré­gra­phie peu imag­i­na­tive de Kel­ly Devine ne parvi­en­nent à relever le niveau théâ­tral de cette œuvre man­quée. On aurait aimé sor­tir de cette représen­ta­tion en fre­donnant peut-être une phrase musi­cale ou en évo­quant un moment pit­toresque de l’action, mais il n’en reste que le sou­venir d’une his­toire mal con­tée et la ques­tion de savoir com­bi­en de temps elle restera à l’affiche.

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