La vie est Kurt

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Théâtre Essaïon – 6, rue Pierre-au-Lard, 75004 Paris.
Du 28 mars au 16 mai 2024. Les jeudis à 21h. Relâche le 11 avril.
Renseignements et réservations sur le site de l'Essaïon et le site de la compagnie.

La révolte au son du fox-trot… Coup de cœur de l’émis­sion « 42e rue » (France Musique)

Ana Isoux et Bertrand Ravalard camp­ent avec rage et humour la galerie bigar­rée des per­son­nages de Kurt Weill et Bertolt Brecht. Spec­ta­cle trilingue, théâ­tral et musi­cal, au car­refour du monde lyrique, du jazz et de la chan­son. Nom­breux extraits de L’Opéra de quat’­sous, mais aus­si quelques per­les rares !

Spec­ta­cle éli­gi­ble aux Trophées de la comédie musi­cale 2024.

Notre avis (représen­ta­tions de mars-mai 2023) : Le réper­toire de Kurt Weill s’in­vite fréquem­ment au pro­gramme de réc­i­tals, tours de chant et spec­ta­cles musi­caux. La vie est Kurt pour­rait être un de plus, un par­mi d’autres, mais nous lui trou­vons une authen­tic­ité qui lui per­met de se démar­quer. D’abord parce que, sans éviter deux ou trois tubes qui font tou­jours leur effet, on nous donne à enten­dre nom­bre d’airs beau­coup moins con­nus mais qui se révè­lent tout aus­si per­cu­tants. Ensuite parce qu’on nous épargne un fil con­duc­teur qui aurait pu sem­bler super­fi­ciel : ici, le choix est de jux­ta­pos­er sans trop de tran­si­tion des por­traits, des sit­u­a­tions, des émo­tions, et la musique de Kurt Weill se charge de la cohérence – plus d’autres textes signés Prévert, Aragon et Allais intel­ligem­ment inté­grés et dits avec justesse. Aus­si parce que cha­cune de ces vignettes est cro­quée par un cou­ple d’artistes pleine­ment investis : Ana Isoux, chanteuse et diseuse – et pianiste ! – qui cisèle cha­cune de ses phras­es ; Bertrand Ravalard, accom­pa­g­na­teur et pianiste – et chanteur ! – qui varie les tex­tures sous l’im­placa­ble rythme pointé du com­pos­i­teur. Enfin parce que, à tra­vers ces tranch­es de vie, on est bal­loté entre ironie, grince­ment, abat­te­ment, résig­na­tion, grain de folie, absur­dité et con­tes­ta­tion – et peu importe qu’on ne par­le ni alle­mand ni anglais, on a les poils qui se dressent ! Dans la cave voûtée de l’Es­saïon, où les murs révè­lent leurs pier­res, La vie est Kurt saisit le pub­lic sans détour en soulig­nant le réal­isme de Weill et de ses paroliers com­plices. Un spec­ta­cle à décou­vrir et à vivre.

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