Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri

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Studio Hébertot – 78 bis, boulevard des Batignolles, 75017 Paris.
Du 4 septembre au 7 novembre 2023, les lundis et mardis à 19h.
Renseignements et réservations sur le site du théâtre.

Le rêve est le seul chemin qui per­me­tte d’atteindre l’inaccessible.

Milou n’est pas un gamin comme les autres. Soli­taire et rêveur, un soir il est touché par la grâce… ou plutôt par la voix de Nana Mousk­ouri, qu’il décou­vre à la télévision.
La vie du jeune garçon s’éclaire soudain comme la flamme sur un bec de gaz. C’est décidé : quand il sera grand, il sera Nana Mouskouri !
Milou se heurte alors à quelques obsta­cles : il n’est pas grec, n’a pas de longs cheveux noirs, ne porte pas de lunettes et, comble de la déveine, c’est un garçon ! Mais Milou n’a pas l’habitude de baiss­er les bras…
Adap­té du roman éponyme, et inspiré d’une his­toire vraie, le texte de David Lelait-Helo porté par Didi­er Con­stant nous fait pass­er du rire aux larmes et nous invite à ne jamais renon­cer à nos rêves… Les plus fous soient-ils.

Notre avis : La ren­trée au Stu­dio Héber­tot est décidé­ment placée sous le signe de la chan­son française ! Après Toute une vie sans se voir qui fait revivre le cou­ple Véronique San­son — Michel Berg­er, c’est au tour de Nana Mousk­ouri d’être à l’affiche. Mais la com­para­i­son s’arrête là. Ici, ce n’est pas l’histoire de la célèbre chanteuse que l’on suit, mais celle d’un jeune garçon, pas un « garçon garçon », mais plutôt un « garçon chanteuse », à l’imagination débor­dant de fan­taisie, qui s’imagine en princesse couron­née d’un diadème, déteste le foot­ball et se fait harcel­er à l’école. Un soir de 1985, il a une révéla­tion en enten­dant le générique de L’Amour en héritage à la télévi­sion (pour les plus jeunes ou ceux qui auraient besoin de se rafraîchir les oreilles, cliquez ici). La grâce céleste de cette voix qu’il ne con­naît pas le boule­verse, le hante au point qu’il en fait son rêve : il veut être Nana Mousk­ouri. Mal­gré son jeune âge et le fait qu’il n’a à peu près rien en com­mun avec son idole, il a de la suite dans les idées : il acquiert un pre­mier trente-trois tours, s’offre un pre­mier con­cert à l’Olympia, ose une pre­mière ten­ta­tive de per­son­ni­fi­ca­tion en revê­tant les rideaux de la cui­sine et en bricolant une panoplie per­ruque-lunettes-pail­lettes… et le voilà lancé ! Il grandit, con­tin­ue d’aller voir sa mamie adorée, fait des études, décou­vre sa sex­u­al­ité… sans per­dre de vue son rêve qui le guide comme une bonne étoile et l’aide à s’épanouir.

Dès la pre­mière minute, on est sous le charme du texte de David Lelait-Helo, ici adap­té par Vir­ginie Lemoine. Ciselé, foi­son­nant de détails, ryth­mé, mali­cieuse­ment tourné, il installe et main­tient le spec­ta­teur dans un univers à la fois poé­tique et terre à terre – ce que souligne égale­ment la mise en scène –, tou­jours dans une forme de légèreté qui n’escamote pas le quo­ti­di­en mais priv­ilégie l’attachement au rêve. Cette richesse de vie, à la fois dans le rire et dans l’émotion la plus intime, Didi­er Con­stant l’offre au pub­lic dans une per­for­mance qui force le respect telle­ment il s’efface der­rière ce petit garçon qui grandit.

On ressort de ce spec­ta­cle nour­ri et léger, ras­suré et con­va­in­cu que les rêves sont les meilleurs repères dans la vie, et en se dis­ant que, oui, vrai­ment, nous aus­si, on voudrait être Nana Mouskouri.

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