Lovecraft, mon amour

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Espace 44 – 44, rue Burdeau, 69001 Lyon.
Vendredi 28 avril (à 20h30) et samedi 29 avril 2023 (à 17h et 20h30).
Réservations sur le site de l'Espace 44.

Un biopic théâ­tral et musi­cal fan­tas­tique, qui nous immerge musi­cale­ment dans l’Amérique des années 1920 à 1947.

La pièce com­mence en 1947, Sonia vient d’apprendre le décès de Love­craft, dix ans après sa mort. Cette nou­velle la boule­verse et provoque un tor­rent de sou­venirs. Mais une étrange impres­sion l’envahit, Howard serait-il ici ? De con­fi­dences en con­fi­dences, les per­son­nages recon­stru­isent le cours d’un amour con­trar­ié, extra­or­di­naire, boulever­sant… Sonia recon­naî­tra-t-elle Howard ? L’amour est-il plus fort que la mort ?

Notre avis : Love­craft, mon amour a de quoi intriguer. Si les œuvres fan­tas­tiques de H.P. Love­craft ont été régulière­ment adap­tées au théâtre, l’au­teur sem­ble avoir été rarement incar­né sur scène. Mar­tine Chif­flot fait le choix sur­prenant de prime abord d’abor­der l’homme et l’écrivain à par­tir de son his­toire d’amour avec Sonia Greene. En imag­i­nant une forme de retrou­vailles par-delà la mort, Mar­tine Chif­flot crée un spec­ta­cle touchant non réservé aux incon­di­tion­nels de Lovecraft.

La pièce com­mence dans des cir­con­stances par­ti­c­ulières. Sonia Greene (Mar­tine Chif­flot) a appris, une dizaine d’an­nées plus tard, le décès de celui qui fut son époux. Son trou­ble est accen­tué par le fait que son divorce n’a finale­ment pas été pronon­cé offi­cielle­ment et qu’elle est dev­enue bigame sans le savoir. De l’au-delà, H.P. Love­craft (Christophe Par­don) voit Sonia… Un chas­sé-croisé s’en­gage à par­tir des sou­venirs et des ques­tions de cha­cun. Le dia­logue impos­si­ble est riche d’in­for­ma­tions sur le par­cours de Love­craft. Des pro­jec­tions vidéo ser­vent de sup­port à des séquences de flash-back où l’on voit notam­ment l’en­tourage famil­ial de Love­craft. Des allu­sions aux dif­férences entre les mem­bres du cou­ple sont faites sans être totale­ment appro­fondies. Pour­tant, l’amour porté par Love­craft à Sonia Greene, issue d’une famille juive, inter­roge alors que Love­craft reje­tait ce qui était dif­férent de lui.

Le spec­ta­cle est un peu lent, en adéqua­tion toute­fois avec le con­cept de l’his­toire. De belles séquences musi­cales vien­nent cepen­dant ryth­mer Love­craft, mon amour. Béa­trice Berne à la clar­inette et Pierre Courthi­ade au piano vari­ent agréable­ment les tem­pos. Ils sur­pren­nent même en créant par­fois des effets sonores trou­blants évo­quant les angoiss­es de Love­craft et son univers lit­téraire. La mise en scène alterne par ailleurs la mise en valeur d’un per­son­nage, du cou­ple ou des musiciens.

Love­craft, mon amour est un spec­ta­cle sur­prenant, à la fois intimiste, musi­cal et tein­té de fan­tas­tique. C’est une belle oppor­tu­nité d’en savoir plus sur Love­craft ou de décou­vrir une his­toire d’amour singulière.

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