How to Succeed in Business Without Really Trying (Critique)

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Dans l’Amérique des années 50, Finch, un jeune laveur de car­reaux tente de s’im­mis­cer dans le monde de l’en­tre­prise en suiv­ant les pré­ceptes d’un livre appelé How to Suc­ceed in Busi­ness With­out Real­ly Try­ing. Son art de l’es­broufe et ses tal­ents d’im­pro­vi­sa­tion vont lui ouvrir les portes de la World Wide Wick­et Com­pa­ny, une entre­prise où se côtoient employés dévoués, homme d’af­faires arriv­istes et secré­taires dés­espérées. L’as­cen­sion de Finch vers les hautes sphères du monde de l’en­tre­prise sera évidem­ment parsemée d’embûches, atti­sant la jalousie de ses nom­breux con­cur­rents et atti­rant les charmes d’une secré­taire déter­minée à ren­con­tr­er l’amour.

Notre avis : Sel­ma Com­pag­nie, une troupe pleine d’avenir ! La reprise du spec­ta­cle mon­té la sai­son dernière avec la Com­pag­nie 27 Sav­ille tient toutes ses promess­es. Avec une équipe en par­tie renou­velée, des choré­gra­phies inédites et quelques moyens obtenus grâce à un finance­ment par­tic­i­patif, Sel­ma Com­pag­nie a pu présen­ter un spec­ta­cle très abouti qui n’a rien à envi­er aux gross­es productions.
D’un point de vue esthé­tique, rien n’est lais­sé au hasard. Les cos­tumes, les coif­fures et les décors sont remar­quables. Sim­ples et effi­caces, ils nous plon­gent immé­di­ate­ment dans l’Amérique des années 50. Les élé­ments de décor mod­u­la­bles et évo­lu­tifs per­me­t­tent des change­ments de plateau orig­in­aux et var­iés sans jamais ralen­tir le rythme du spectacle.
Les comé­di­ens sont très bien dis­tribués et cha­cun colle par­faite­ment à son per­son­nage. Tous sont à l’aise en théâtre autant qu’en chant ou en danse, ce qui nous a per­mis d’apprécier des choré­gra­phies d’ensemble fort bien réglées et très bien exécutées.
Un orchestre de cinq musi­ciens très tal­entueux est présent sur scène. La for­ma­tion flûte, sax­o­phone, trompette, piano, basse et bat­terie apporte beau­coup de dynamisme et sou­tient avec énergie les chanteurs. Le style de chant est un peu trop for­maté à l’américaine. S’il est irréprochable d’un point de vue tech­nique, il manque légère­ment d’émotion et de per­son­nal­ité dans l’interprétation. Il n’en reste pas moins de très beaux airs chan­tés par de très belles voix. On retien­dra tout par­ti­c­ulière­ment le trio Finch-Smit­ty-Rose­mary dans l’air où Smit­ty fait l’entremetteuse entre Finch et Rose­mary et dans lequel l’harmonie vocale est absol­u­ment parfaite.
Le seul vrai défaut de cette pro­duc­tion est la longueur du livret. L’histoire s’essouffle à la fin de la pre­mière par­tie et peine à repren­dre de l’intérêt après l’entracte. On aurait cer­taine­ment gag­né à faire quelques coupes et à ne garder des trois heures ini­tiales que les deux heures les plus effi­caces. Le pas­sage à vide prend heureuse­ment fin dans la sec­onde par­tie quand tout le bureau s’anime sur l’air de Miss Jones. Ce tableau plein d’entrain et de joie réveille lit­térale­ment le spec­ta­teur et con­duit le spec­ta­cle vers un final flamboyant.

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