La 42e rue fait son show : cinquième !

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Rencontre avec Laurent Valière, qui s'apprête à présenter une nouvelle édition annuelle de « La 42e rue fait son show ! » qui se tiendra lundi 19 décembre à 20 heures en direct du studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique. Les places sont parties en quelques minutes, mais consolez-vous : votre poste de radio pourra remplir son office et la chaîne YouTube de France Musique retransmettra également en direct la vidéo du concert (également disponible par la suite).

Dans quel état d’e­sprit êtes-vous en vue de cette nou­velle grande fête ?
Euphorique ! C’est une chance incroy­able de faire ce grand show qui mobilise autant de monde. Je suis recon­nais­sant envers Radio France puisque le grand plateau servi­ra cette année encore d’écrin aux 22 musi­ciens, dirigés par les fan­tas­tiques Thier­ry Boulanger et Patrick Peyri­eras, deux grands maîtres. Je remer­cie égale­ment Marc Voinchet pour sa con­fi­ance renou­velée et je n’oublie pas la SACD, notre parte­naire qui nous per­me­t­tra de décou­vrir une nou­velle mini-comédie musi­cale orig­i­nale. Agnès Boury ne manque pas d’idées de mise en scène pour ryth­mer cette soirée excep­tion­nelle, qui est des­tinée au grand pub­lic et pas unique­ment aux ama­teurs du genre. Mon but a tou­jours été de faire décou­vrir la comédie musi­cale à un pub­lic très large. Il y en aura donc pour tous les goûts, en sachant que cette année, la soirée sera sous l’égide de Gene Kel­ly. Sa femme, Patri­cia Kel­ly, qui a déjà par­ticipé à une for­mi­da­ble série d’émissions (« Gene Kel­ly et moi ») sera là. L’âme du danseur ne sera pas loin. D’ailleurs, la soirée tourn­era beau­coup autour de la danse.

Est-ce que ce sera un hommage ?
Oui et non. Oui parce que la mémoire de cet homme incroy­able sera l’occasion d’un hom­mage plus que mérité. Non parce que, si l’on con­sid­ère la danse, il ne sera pas ques­tion de numéros « à la manière de ». Patri­cia Kel­ly m’a con­fié qu’il n’aurait pas aimé cela, lui qui cher­chait sans cesse à innover et priv­ilé­giait la nou­veauté. Nous ne voulons pas le décevoir ! C’est ain­si que des choré­gra­phies ont été inven­tées spé­ciale­ment pour nous. C’est un luxe car je sais bien que l’aspect dan­sé d’une comédie musi­cale exige de nom­breuses répéti­tions – c’est un coût impor­tant. C’est peut-être pourquoi la danse est sou­vent le par­ent pau­vre dans les musi­cals français, surtout au ciné­ma. Nous avons la chance que la soirée soit filmée et donc disponible pour tout le pub­lic, qui pour­ra donc appréci­er le tra­vail incroy­able de tous ces artistes.

Pou­vez-vous nous en dire plus sur votre programmation ?
Encore beau­coup d’avant-premières au menu… Nous accueillerons par exem­ple Rober­to Alagna pour Al Capone, mais aus­si David Lescot qui nous par­lera de sa nou­velle comédie musi­cale La force qui rav­age tout, avec la même équipe que Une femme se déplace. Il sera égale­ment ques­tion d’une série dif­fusée sur France.tv/Slash : ReuSSS, ma cité va chanter, ma cité va chanter. Elle se déroule à Mont­pel­li­er et est traitée inté­grale­ment sous la forme d’une comédie musi­cale. Con­cer­nant les États-Unis, je suis heureux que Liam Forde soit par­mi nous.

De quelle nature sera la comédie musi­cale originale ?
J’adore « per­ver­tir » un artiste à la comédie musi­cale. Ce fut le cas avec Zabou Bre­it­man et Agnès Jaouy, qui nous ont offert de superbes moments. Je cherche tou­jours une ou un artiste que l’on n’attend pas. Cette année, ce sera Cat­a­stro­phe, un groupe dont le dernier con­cept album inti­t­ulé Gong! est une comédie musi­cale… Blan­dine Rinkel et Pierre Jouan, deux mem­bres fon­da­teurs, avaient pro­gram­mé une « 42e rue », et j’ai eu envie de les associ­er à ce pari, en sachant que cette carte blanche, pour coller avec le thème, se doit d’être tein­tée de Gene Kel­ly… La chanteuse Novem­bre Ultra fait par­tie des inter­prètes. Elle m’a con­fié tout son amour pour la comédie musi­cale. Quant à Blan­dine Rinkel, elle a depuis sor­ti un roman, Vers la vio­lence, qui rem­porte beau­coup de suc­cès. Cet exer­ci­ce est bien enten­du tout autre.

Quel âge a votre émission ?
14 ans ! Lorsque je me suis lancé dans cette aven­ture, c’était avec la ferme inten­tion qu’elle devi­enne pérenne ; je suis plus que ravi de pou­voir la pro­pos­er tous les dimanch­es. Au début, je la con­sid­érais comme « la pre­mière émis­sion de radio con­sacrée à la comédie musi­cale ». Mais, en fait, elle restée « la seule »… Ce qui me plaît énor­mé­ment, c’est d’accompagner de jeunes tal­ents. Suiv­re le par­cours, par exem­ple, de Marie Oppert qui a débuté toute jeune au Châtelet et qui est aujourd’hui pen­sion­naire de la Comédie-Française. Accueil­lir Pasek & Paul, invités à venir à Paris pour les représen­ta­tions organ­isées par le Amer­i­can Musi­cal The­atre ; aujourd’hui, ce sont les rois de Broad­way (Dear Evan Hansen). J’adore décou­vrir de jeunes tal­ents, je me sou­viens par exem­ple d’une ver­sion de Com­pa­ny jouée en ban­lieue dans une mai­son : le principe immer­sif voulait que les spec­ta­teurs se dépla­cent de pièce en pièce pour décou­vrir le spec­ta­cle. For­mi­da­ble ! Par­mi la troupe se trou­vait Malaï­ka, qui joue désor­mais le gourou dans Star­ma­nia. J’ai pu voir éclore les divers­es écoles de comédie musi­cale. Notre pays ne manque pas de tal­ents, mais je doute que l’offre soit suff­isante pour employ­er tous ces artistes.

Le pub­lic vous sem­ble-t-il de plus en plus sen­si­ble au musical ?
Il serait pré­somptueux pour moi de tir­er des con­clu­sions. En revanche, je con­state que chaque émis­sion publique au Car­reau du Tem­ple affiche com­plet. Nous accom­pa­gnons le mou­ve­ment du genre en France. En ce mois de décem­bre, l’offre est pléthorique. Les spec­ta­teurs sem­blent de nou­veau avoir l’envie de voir des spec­ta­cles musi­caux. Pour pren­dre un exem­ple emblé­ma­tique : Star­ma­nia, avec ses 4 000 spec­ta­teurs par représen­ta­tion, affiche qua­si­ment com­plet ! Les Pro­duc­teurs, pour rester dans les gross­es pro­duc­tions, joue les pro­lon­ga­tions avec un cast­ing sans tête d’affiche. Et je me sou­viens, après le pre­mier con­fine­ment dû à la Covid, de l’émotion de mon équipe à France Musique, mêlée à celle des artistes qui venaient chanter en direct. Dès que la lumière était rouge, signe de la dif­fu­sion, quelque chose de mag­ique se pas­sait, de l’ordre d’une renaissance.

Retrou­vez l’édi­tion de l’an­née dernière 👇

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