L’Amant

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Théâtre de Paris – 15, rue Blanche, 75009 Paris.
Du 29 mai au 4 juillet 2026.
Renseignements et réservations en cliquant ici.

Notre avis (représentation du 24 juin 2026) : Paris découvrait L'Amant, pièce en un acte, en septembre 1965, couplée avec La Collection du même Harold Pinter, dans une traduction française d'Éric Kahane, mise en scène par Claude Régy. Delphine Seyrig et Jean Rochefort tenaient les rôles principaux. Une reprise en 2000 réunissait Brigitte Fossey et Jean-Pierre Cassel ; plus récemment, Léa Drucker et Pierre Cassignard endossaient les habits de ce couple qui se prête, on le comprend vite, à un jeu dangereux. Le texte fit grand bruit par la modernité de son sujet, sa forme originale – qui n'est pas sans rappeler Beckett ou Pirandello – de surcroît servie par des acteurs exceptionnels.

Aujourd'hui, ce sont – et non sans une certaine émotion – Sarah Biasini et Pierre Rochefort qui reprennent le flambeau dans un décor raffiné très sixties et sous la direction de Thierry Harcourt. Le texte servi par ces deux brillants artistes distille avec justesse le poids du mensonge. Que désirent-ils vraiment ? Ont-ils une double vie ?

Pinter nous embarque sur des pistes où chacun désirera réaliser ses fantasmes.
Jalousies, tromperies réelles ou inventées, le malaise qui les enveloppe nous gagne peu à peu ...pour nous perdre encore davantage.

Nous ne pouvons qu'être fascinés ou agacés par ces jeux de l'esprit. Cette partition virtuose ne laisse cependant jamais indifférent ; aurons-nous la clé de l'énigme à la fin de la représentation ? Un petit indice : Pinter n'est pas Agatha Christie, donc...

Un nouveau rendez-vous avec ce brillant dramaturge ne se refuse jamais. Il nous bouscule, nous interroge, nous dérange, mais n'est-ce pas un des cadeaux que le théâtre peut nous offrir, contribuant ainsi à sublimer notre quotidien ? L'auteur serait certainement fier de voir son texte si brillamment interprété et mis en scène. Les paradoxes du mariage et la complexité du désir n'ont jamais été aussi bien exprimés que dans ce bijou du répertoire britannique. Les mots ne servent pas à dire la vérité mais à la cacher... concluait-il avec humour !

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