Mort d’un géant : Hal Prince n’est plus

0
61

Broad­way est en deuil, les lumières des théâtres vont sans nul doute être éteintes en signe de recueille­ment ce soir pour saluer la mémoire de l’im­mense Harold Prince qui vient de mourir à 91 ans.

Ce génial pro­duc­teur, met­teur en scène a con­sacré une grande par­tie de sa vie à Broad­way, son tal­ent aura per­mis au monde de la comédie musi­cale de chang­er en pro­fondeur. Récip­i­endaire de 21 Tony Awards, il aura per­mis à des oeu­vres, notam­ment celles de Stephen Sond­heim, de voir le jour dans des pro­duc­tions orig­i­nales, n’hési­tant pas à bous­culer les gen­res et imposant un nou­veau vis­age, plus intel­lectuel, à ce genre réputé pop­u­laire. Com­pa­ny, Fol­lies, Sweeney Todd, entre autres sont le fruit de leur col­lab­o­ra­tion. La brouille entre les deux hommes inter­vint après le flop de Mer­ri­ly we roll along en 1981. Ils ne retra­vailleront plus jamais ensem­ble à New York, même si le duo se reformera en 2003 pour Bounce.

Une car­rière si riche qu’elle est impos­si­ble à résumer. A la démesure du per­son­nage. Citons tout de même West Side Sto­ry, dont il fut copro­duc­teur en 1957, Fid­dler on the Roof en 1964 qu’il pro­duisit, Cabaret en 1966 qu’il pro­duisit et mis en scène… Si The Phan­tom of the Opera, dont il signa la mise en scène, est tou­jours à l’af­fiche et con­naît un suc­cès incroy­able, il ne faut pas oubli­er toutes ces comédies musi­cales, tous ces paris fous, toutes ces démesures qui ont per­mis au genre de pro­gress­er notable­ment.

Cha­peau bas pour toutes ces décen­nies à con­sacr­er votre énergie à cet art que nous aimons tant.

Et pour celles et ceux qui par­lent anglais, je vous con­seille cette inter­view de 2015 tournée par l’équipe de « Broadway.com », à l’époque de Prince of Broad­way (en toute mod­estie). Une petite demi-heure durant laque­lle cet homme pas­sion­nant évoque sa car­rière, la manière dont il devait avoir une idée claire de la comédie musi­cale pour bien la met­tre en scène (ce qui ne fut pas le cas pour Mer­ri­ly), Jules César avec Orson Welles qu’il vit à 8 ans, ses influ­ences russ­es pour la mise en scène de Cabaret… Le tout en cli­quant ici.