L’Île d’Or

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Théâtre du Soleil – Cartoucherie de Vincennes, 75012 Paris.
À partir du 3 novembre 2021. Prolongations jusqu'au 15 mai 2022.
Renseignements et réservations sur le site du Théâtre du Soleil.

Ceci n’est pas une fable.

L’île d’Or existe-t-elle en réal­ité ? Où se trou­ve-t-elle ? Cette fois-ci elle se trou­ve dans les eaux du Japon. Oui, elle existe. Ce n’est pas la pre­mière fois. Elle a déjà existé (et elle exis­tera encore) plus d’une fois dans la longue chronique de nos Astres et Désas­tres. Chaque fois que le monde est tout près de s’autodétruire, maints joyeux défenseurs de l’honneur de l’espoir, pas fous du tout, se démè­nent pour trou­ver l’arche ou le vais­seau. On va à l’Ile, ça a l’air d’un exil, c’est un refuge et un recommencement.

Vous vous sou­venez d’Utopia, naturelle­ment. Une île presque incroy­able : répon­dant à un Roi tyran vio­lent, cru­el – et réel – qui sec­ouait la planète et décap­i­tait comme argu­ment, le courageux let­tré Thomas More vint faire la décou­verte de cette île promise. Et déjà, dans les années 1530, c’était la cul­ture du cœur con­tre les Pou­voirs Bru­taux, assas­sins de l’esprit.
Un brouil­lard sanglant répan­du dans la ville ?

Vite ! une île. Et tout ce qu’il faut pour faire par­adis, égal­ité entre les sex­es, cul­ture des arts, créa­tion d’une langue, l’utopienne, délivrée des sons rauques des vul­gar­ités dites « mod­ernes ». À ce pro­pos que par­lerons-nous sur notre île ? Sans aucun doute le mélodieux Aureus (or en latin) du théâtre.

En vérité le Théâtre est tou­jours une île. Mais cela ne se voit pas tou­jours au pre­mier regard, surtout lorsque le Théâtre, Globe, Nef, Car­toucherie, est ancré sur le sol d’un con­ti­nent. Mais cela se sent et se soupçonne. Et un jour, sous une Tem­pête Poli­tique, le Théâtre d’Or rompt les chaînes et les amar­res et gagne le dehors.

Elle s’appelle vrai­ment l’île d’Or. Mais qu’est-ce que l’or ? Pour nos per­son­nages défenseurs du Bon­heur, ce n’est pas l’or des mines et des ban­ques c’est l’or de l’hospitalité, l’or inno­cent, hors cof­fre, l’or des ban­quets de l’amitié, le bon or qui va per­me­t­tre la Fête de la Guéri­son à venir, de l’intelligence ranimée.

Ah ! Cer­tains d’entre nous avaient pu croire que l’île d’Or dort ? Ça lui arrive. Mais l’île du Théâtre ne dort que d’un œil et pour bien rêver. D’un œil elle est tou­jours réveil­lée. D’une oreille, tou­jours vig­i­lante : pas folle, pas inno­cente notre île est sur le qui-vive. Qui dort veille, nuit et jour, sur les pré­parat­ifs du Festival.

Le Fes­ti­val, c’est la Céré­monie des Moments de Vie. Des qua­tre coins du pau­vre monde nous ne sommes pas venus à l’île pour oubli­er mais pour célébr­er, relever. Nous sommes venus met­tre nos nom­breuses et divers­es colères en musiques, les jouer, les trans­former et les faire entendre.

Pas pour fuir le Virus et ses co-virus, mais, bra­vant ses bombes, à la lumière de ses explo­sions, ten­ter d’éclairer le chaos du monde et d’illuminer les nids et les coins de bon­heur et de promesse.

Le Fes­ti­val ?! Rien qu’à ce mot, les gens de Bêtise et de Guer­res se mobilisent. Le bon­heur ? Quelle hor­reur ! Le Fes­ti­val ? Non ! Pas de fes­ti­val ! Tout sauf le théâtre, c’est-à-dire les voies de la lib­erté, et pas cotées en bourse.

- Un Fes­ti­val de Théâtre ? râlent les démons spécu­la­teurs. Et vous croyez que nos sup­pôts vont vous laiss­er sur­v­ol­er l’abîme, rire, jouer, jouir, cess­er de souf­frir, laiss­er la Vie gag­n­er ? Un Fes­ti­val ? Jamais. Au dia­ble les acteurs ! A nous les actions ! Vous nous faites ricaner !
— Le Fes­ti­val aura bien lieu, bande de jaloux !
— C’est ce que nous allons voir !
Com­ment cela fini­ra-t-il ? Cela fini­ra-t-il jamais ?

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