Écoutez leur silence

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Studio Hébertot – 78 bis, boulevard des Batignolles, 75017 Paris.
Les 10, 11, 17 et 18 mai 2022 à 21h.
Renseignements et réservations sur le site du théâtre.

Résumé: Eux, ici, main­tenant. Dans un cen­tre, des ados. Le quo­ti­di­en de Nathaëlle : entour­er, pro­téger, com­pren­dre ces jeunes comme elle peut, avec ses armes, sa bien­veil­lance. Il y a des règles à respecter, un devoir de regard les uns envers les autres. Apprivois­er ce mal qui ronge et laiss­er la bête tapie dans son ombre. Vivre tou­jours plus fort et rire jusqu’à s’en bris­er la voix. Ensem­ble, dans cet endroit.

Ils appren­dront à évoluer ensem­ble. Panseront-ils leurs blessures sous l’œil de celle qui a besoin de croire en eux ? Car, en vérité, on a tous nos bagages, et, si, finale­ment, croire en eux l’aidait à croire en elle ?

Notre avis : Dès son arrivée, le spec­ta­teur incar­n­era son rôle, les comé­di­ens sont déjà en jeu, il sera spec­ta­teur de ce qui se déroulera sous ses yeux. Il aura face à lui sept ado­les­cents qui ten­tent de vivre leur vie, sur le fil, entre l’in­no­cence de leur âge et la noirceur des démons qui les habitent. Il sera pris à par­tie dans le déroule­ment des événe­ments et sat­is­fera une cer­taine curiosité intru­sive à suiv­re l’évo­lu­tion de ces jeunes dans ce cen­tre. Parce que toute la ques­tion est là : com­ment repren­dre une vie nor­male et devenir adulte quand un trau­ma­tisme vous bous­cule si jeune ? Alors il ne reste au pub­lic qu’à écouter et à plonger dans cette atmosphère.

Tout en sim­plic­ité sur scène : un canapé, quelques coussins et une table for­ment leur envi­ron­nement, leur foy­er, un espace d’échange et de partage. Leurs his­toires, nous ne les con­nais­sons pas encore mais les appren­drons au fil du temps ; à mesure qu’ils se heurteront aux dif­fi­cultés de leur quo­ti­di­en, nous nous attacherons à eux. À leurs côtés, leur édu­ca­trice incar­ne le lien entre le pub­lic et ces sept per­son­nages, mais aus­si le lien entre eux, pour les sen­si­bilis­er. Quand un geste insou­ciant de l’un peut déclencher chez l’autre une réac­tion de crise incon­trôlée, elle saura les calmer, les ras­sur­er, leur apporter un sou­tien et leur prou­ver qu’ils ne sont pas seuls.

Au plan tech­nique, on pour­rait s’at­ten­dre à un peu moins de noirs, car ils sac­ca­dent la nar­ra­tion par moments : cela pour­rait flu­id­i­fi­er la lec­ture, et le mélange des arts gag­n­erait à être encore plus fort et plus mar­qué, pour aller plus loin. Mais le pro­pos est là, la qual­ité du tra­vail et l’équili­bre des acteurs dans leurs per­son­nages aus­si ; tout ça est fine­ment écrit et proposé.

C’est un spec­ta­cle intense qui dévoile une face que l’on ne con­naît pas for­cé­ment de « l’après-blessure » et l’ef­fort de recon­struc­tion que cela implique, notam­ment chez les jeunes. Il s’ag­it d’un sujet impor­tant dont on par­le peu et qu’on trou­ve plus sou­vent à l’écran qu’au théâtre, mais qui se prête pour­tant très bien à la scène. Com­ment instau­r­er une rela­tion de con­fi­ance quand on souf­fre de klep­tomanie ? Com­ment tomber amoureux après avoir subi un aban­don ? L’ex­péri­ence humaine offerte au spec­ta­teur est riche et cap­ti­vante ; à lui d’en recevoir le mes­sage et d’é­couter aus­si leur silence.

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